mercredi 15 mai 2013

Mon coiffeur.

J'ai jamais aimé aller me faire couper les cheveux. J'ai toujours trouvé que ça rimait avec awkward. J'aime pas les questions niaiseuses et là, en général, on est servi! J'ai essayé pas mal de coiffeurs/coiffeuses. Des bons, des moins bons mais toujours avec le même dénominateur commun: le awkwardness qui fait qu'on se sent pas bien pis qu'on répond toujours aux questions avec une face d'épais (je le sais, je vois toujours mon visage dans le miroir).

- Une petite coupe pour le temps des fêtes?
- C'est ça. Va chier.

Mon grand-père m'avait dit un jour à ce sujet : «L'important c'est que ce soit rapide, parce que si c'est long t'es mal barré». C'est avec ce principal critère que je choisissais mes coiffeurs/coiffeuses.

Mais bon, maintenant c'est chose du passé depuis que j'ai rencontré Steve mon coiffeur. Ce sont des collègues de travail qui avaient toujours des coupes super slick et old school qui me l'avaient référé. Il est super old fashion, c'est un véritable coiffeur pour homme. On fait et on parle d'affaires d'homme. À chaque fois, il me sert un verre de scotch, de bourbon ou une bière, je dois faire très attention pour tenir mon verre à distance, pour éviter qu'un cheveu tombe dedans. Il joue toujours du vieux jazz en ambiance ce qui augmente de façon significative mon niveau d'appréciation. L'autre fois, je me suis dit, qu'il devait être connaisseur en la matière donc je me suis lancé sur le sujet. T'es un fan de Dizzy?, demandais-je. Qui ça? me repondit-il. Dizzy Gilespie! C'est ça qui joue depuis tantôt. Ah oui, euh, en fait c'est une radio satellite. J'aime beaucoup, mais je m'y connais pas beaucoup, me repondit-il candidement. À date, c'est ma seule déception parce que si en plus on avait pu parler de jazz, j'aurais été encore plus aux anges. Pour le reste, il est parfait. On parle de hockey (il déteste Carey Price), de chasse (même si on connait tous les deux rien sur le sujet) pis de plein de sujets sur lesquels on peut chialer (il aime chialer, lui avec).


En partant, je cale mon verre et lui achète toujours son «forming cream» d'American Crew. Y'a pas mieux, pour une super coupe 50s.

***

Pour la fête des mères, j'envoie un funny texto ou j'appelle pis je fais des blagues mais là cette année, ma mère voulait se foutre de ma gueule - à sa façon. Elle se trouvait super drôle de m'envoyer le message suivant en début d'après midi : «Chronique je faisais rien: je faisais fuck all rien pantoute et je n'ai même pas été foutu de souhaiter bonne fête des mères à ma mère.».

Sur la défensive, je l'ai tout de suite appelée. «On se calme chose, j'ai même pas encore bu mon café en me levant que tu m'envoies ça (vous pouvez sortir les violons). J'avais prévu t'envoyer un super message chanté avec un poème de mon cru, mais là c'est raté (c'était un mensonge, je voulais juste la culpabiliser. Sans succès, elle a pas mordu).»

Elle était morte de rire. J'ai pas encore compris ce qu'il y avait de drôle dans ce message là, mais bon. Anyway, que je lui ai dit avant de raccrocher, je me rappelle pas avoir reçu un appel de ta part pour la fête des fils!

Et vlan, je soupoudre juste un peu de chantage émotif et je raccroche avant même d'avoir entendu sa réponse.

Sans blague, bonne fête des mères à ma mère de la part de toute l'équipe de rédaction de je faisais rien.

samedi 11 mai 2013

Les délices du slow clap.

Je me suis fait expliquer hier le concept du «daytime», qui consiste à aborder des jolies filles dans la rue en plein jour. Paraît que ça fonctionne super bien à force de détermination, d'essais et d'erreurs. Parait qu'il se donne même des séminaires. J'ai été voir des vidéos sur youtube et je sais pas trop quoi en penser. Je sais une chose en tout cas : j'ai fuck all rien compris à la vie!

haha.


Du coup, ça me fait penser à une chose qui n'a pas vraiment de rapport, mais que j'adore tout particulièrement dans la vie, soit de sauver une fille, seul ou avec des amis, des griffes d'un méchant français particulièrement insistant.

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Le monde n'est pas le même quand tu possèdes un tattoo. Oh que non! C'est comme être dans le club des nouveaux parents. Tout le monde devient super quétaine avec leur tattoo. J'en reviens pas! J'ai le même feel qu'un intrus dans un shower de bébé.

C'est quoi la symbolique? Ta mère ou si tu préfères, l'amour, la guerre, les enfants qui pleurent et le canoé camping.

D'ailleurs, j'ai appris que mon tatoueur avait été renvoyé au Mexique pour cause de problèmes d'immigration. J'ai une pensée pour lui. Je l'aimais bien et il m'a quand même déviergé la peau. Je lui souhaite sincèrement le mieux.

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 «Des fois, je te trouve super intelligent mais des fois je te trouve complètement idiot.» - Ma mère au téléphone cette semaine.

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Parait que ce qui charme le plus les caissières à la pharmacie, c'est un gars qui achète des gravols pis des tampons. Ne me demandez pas d'où je tiens cette info là.

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Les délices du slow clap.

Tout commence quand Steve fait une joke plate autour de la table. Au début c'est un malaise généralisé, mais quelques instants plus tard, quelqu'un commence à applaudir très lentement, puis un second enchaîne et finalement tout le monde se met à applaudir, toujours à la même vitesse. Soudain, le rythme s'accélère et un premier se lève, puis un second et soudainement tout le monde est debout. Les gens applaudissent désormais très fort dans un rythme assez rapide et certain sifflent même. C'est la frénésie autour de la table.

Steve, toujours assis et un peu gêné, est heureux.

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Des fois, je me demande pourquoi j'aime le hockey. C'est nul à chier le hockey.

dimanche 5 mai 2013

Mon arrière-arrière grand père était peintre.













Mon arrière-arrière grand-père était peintre et il s'appelait Claudius Denis. Il s'agit du père du père de la mère de mon père. Je l'aime bien même si je ne le connais pas. Il avait l'air fun au boutte. Tout le monde en dit beaucoup de bien dans ma famille. Il faut quand même que je dise que ma grand mère (mon lien direct) n'avait que cinq ans quand il est mort.

Voici sa biographie non-officielle, écrite par moi-même (fortement inspirée de celle écrite par mon arrière grande tante - si seulement je pouvais avoir plus d'info sur lui!) :

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Né le 18 avril 1878 à Lyon, d'une mère autoritaire et d'un père père tisserand soyeux, Claudius découvre très vite sa passion pour la peinture. Il se trouvera d'ailleurs une «jobine» de livreur de pots de peinture avec une charrette à bras pour un marchand de peinture. Il se fera des bras pour plaire aux dames ainsi qu'un peu d'argent pour payer ses études à l'école des beaux-arts de Lyon. Indépendant, il passera beaucoup de temps sur le bord du Rhône à rêvasser et à peindre.

Malheureusement, toute bonne chose à une fin, et Claudius ira faire son service militaire à Grenoble pour les chasseurs alpins dont la devise est : «serrons les dents et marchons en montagne» (pas exactement ça la devise). Le goût de la marche en montagne lui restera, parait-il, à vie.

Après son service militaire, Claudius ira s'installer à Paris dans le 14e où s'annoncent de jours meilleurs. C'est de son appartement de style mansarde qu'il rencontrera sa femme Elise, de fenêtre à fenêtre (que c'est romantique!). Après c'est la vie de bohème, d'amour et d'eau fraîche. Il vendra quelques tableaux et dessins par-ci par-là. À l'automne 1910, ils eurent un premier fils, Pierre, mon arrière grand père.

La belle vie s'arrêta à 36 ans quand, en août 1914, il fut réquisitionné à Grenoble dans l'armée territoriale. Son séjour à Grenoble ne durera pas et il sera très vite envoyé au front au nord. Il sera d'ailleurs fait prisonnier par les allemands à Soissons après une bataille où il sera grièvement blessé au pied gauche. Prisonnier, il fera beaucoup de dessins et de portraits pour les allemands. Il sera rapatrié à Paris par la suite, en raison de l'infection à son pied. (Il boitera légèrement tout le restant de sa vie et se servira d'une canne). Il sombrera ensuite dans une pas pire dépression. Claudius, très nerveux de nature, sera très affecté par la guerre.

1917, il s'installe dans le 15e avec sa femme et son fils, où il sera un peu plus aisé, grâce à la vente de ses dessins et eaux-fortes sur la guerre. Il commencera aussi à exposer ses peintures à l'huiles, dans un style figuratif.

En 1920, après la naissance de sa fille, il sera professeur de dessin dans les écoles de Paris. Il enseignera notamment à l'École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d'art, située dans le 15e. Les temps libres que lui donnait l'enseignement lui permettent de peindre.

Autour de 1927, il commence à faire plusieurs expositions à la galerie George-Petit, anciennement réputée. C'est à cette époque aussi qu'il commence à faire des dessins pour le papier-peint et le tissu des robes.

En 1929, pendant la crise, Claudius perd toutes ses économies placées dans une banque qui fait faillite. Heureusement pour lui et sa famille, il achète juste avant une maison de campagne à Hauterive dans l’Yonne. Il y passera les plus beaux moments de sa vie et s'y échappera dès qu'il en a l'occasion. On dit de lui de lui qu'il aimait cultiver les fleurs dans un désordre certain, artistique et qu'il y passait ses journées.

Il meurt à Paris, cinq ans après sa femme, en 1947 à l'age de 69 ans. Il est enterré au petit cimetière d'Hauterive.

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J'y suis allé à la maison d'Hauterive quand j'avais 12 ans et aux dernières nouvelles, mon arrière grand-mère y vit toujours. Une belle maison de campagne avec des jardins et des grand arbres près d'un petit village. Ma grand-mère en son temps ainsi que mon père et ma tante dans le leur, y passaient les étés, tout jeune.

Une fois, par erreur, j'ai vu les seins de mon arrière grand-mère. Je suis encore traumatisé à ce jour.

dimanche 28 avril 2013

Un cintre sur la main droite.


Illustration : Agathe BB

Je me suis levé avec la gueule de bois. En me traînant vers les toilettes, mon téléphone s'agite : «grosse soirée mon criss?». Fuck c'est vrai! Je lève ma main. Damn. Tout me revient.

Je me suis fait tatouer un cintre sur la main droite.

Rien dans ma jeune soirée ne prédisposait ce qui allait arriver. J'écoutais le hockey relax chez nous avec un chum. Puis une amie est venu nous rejoindre. Super relax, mais j'avais quand même envie de sortir. J'essaie de convaincre mes amis mais sans succès. Pas grave, je sors quand même.

Je savais ce que je faisais et j'étais en super contrôle. Taxi en direction du Playhouse sur parc. Soirée de striptease amateur. Mon ami joue dans le band nu qui performe entre les prestations, un autre ami fait le DJ et une autre amie assiste le DJ.

C'est super relax et la bière est pas chère. J'en consomme une couple accoudé au DJ boot puis je remarque de quoi à ma gauche. Un stand de tattoo. What? Ridicule! On est tous unanimes là-dessus. Y'a personne d'assez cave pour se faire tatouer. En plus les dessins sont super laids qu'on me dit. Je m'approche subtilement, mine de rien. Me amie me suit. On rigole un peu. Qui va se faire tatouer ça? haha.

Y'a un petit silence. On regarde juste. «Quoique le cintre est pas pire», dis-je semi-blagueur après un moment. «Ouais j'allais dire la même chose», répond aussitôt mon amie semi-blagueuse. On se regarde, sourire aux lèvres. Elle me lance un regard de défi, je réponds avec un regard provocateur. «On le fait!», s'exclame t-on de concert.

Jamais dans les minutes suivantes nous avons eu ne serait-ce qu'une once de potentiel de doute. Je me propose comme premier cobaye. Je suis dans un état de surexcitation et il faut dire ici que j'avais toujours un peu secrètement voulu me faire tatouer. J'explique un peu nerveusement en anglais au dude que je suis vierge. Il rit et me dit de m'asseoir. Je ne sais pas pourquoi, mais je le voulais sur la main. Oui madame, sur la main!! Et pas n'importe où, entre le pouce et l'index. Oui madame, je le veux là.

Exécuter le tattoo aura pris 20 secondes au max. 20 secondes pour un cintre sur la main à vie. Je me rappelle vaguement le moment. Je pense que pendant qu'il faisait le tattoo, je descendais une bière avec ma main de libre pour faire bad ass. Pendant que mon amie passait sous le «tattoo machine gun», nous nous extasions avec un filet de bave sur la bouche « On a un best friend tattoo!!!».

De retour au DJ boot, fiers de notre coup, le torse bombé, notre état était contagieux et nous convainquîmes notre ami DJ. No problemo, on va prendre ta place. Ça va être awesome! Trop excités par notre coup de tête, nous avons complètement chié le dj set. Je pense qu'on possède désormais le record du plus grand nombre d'erreurs de dj dans un court laps de temps.

«Es-ce que t'as vu des boules?», un ami m'a demandé ça par après. Des quoi? Ah oui c'est vrai, c'était une soirée de striptease. Non, j'ai complètement oublié de checker ça. Bien trop occupé à texter fièrement mon ami qui travaillait.

Voici d'ailleurs la presque entièreté de ce long échange de texto :

Moi : 1:40
Man, je viens de faire un tattoo chaud.

Mon ami :
C'est quoi un tattoo chaud?

Moi:
Un cintre sur la main droite.


Mon ami:
Ah, tu veux dire que tu t'es fais tatouer pendant que t'étais chaud.
hahaha ta yeule
Clairement une joke, nice try!

Moi:
Yeah, chu fuckin bad ass.

Mon ami:
Ce serait le tattoo le plus cave au monde.


Moi:
Non, c'est vrai de chez vrai.

Mon ami:
hahahahahaha. Ta yeuuuuuule. Tu penses que je suis cave ou quoi? Un cintre sua main? hahaha

Moi:
True. J'ai un cintre sur la main, bitch.


Mon ami:
Chu pas né de la dernière pluie mon chum! Better luck next time!

Mon ami:
Pis si t'as vraiment un cintre sur la main ben... c'est peut-être le tattoo le plus stoop au monde!

Moi:
Tu veux parier?

Mon ami:
Je te donne des bons points pour l'effort de prank. J'adore.


Moi:
Tu veux parier?

Mon ami:
50 000

Moi:
Done deal

Mon ami:
Pis si c'est vrai, ben je te déshérite, c'est trop wack.

Moi:
Je déshérite. What?? hahahahaha

 
Mon ami:
Je te déshérite, c'est écrit Sav.

Moi:
Fuck si je déshérite. On peut effacer un tattoo avec une efface right?

Mon ami:
Oui, une chance criss.

Moi:
haha

Mon ami:
Pis c'est comment le crack finalement?


C'est à ce moment que j'envoie une photo de nos mains avec du tape dessus (le tape c'est pour ne pas que ça s'infecte).

Mon ami:
hahahahaha ta yeuuuule

Mon ami:
10 000 points pour gryffondor  pour l'effort.

Mon ami:
Où avez vous trouvé un rouleau de tape bande de cave?

Moi:
Tu paies rien pour attendre!

Moi:
Un cintre c'est le greatest tattoo ever plus j'y pense.

Mon ami:
Si tu vis dans un insane asylum, oui, ça a l'air qu'ils te donnent les clefs de la place!

Moi:
haha, c'est ça.

Mon ami avant de se coucher: 4:49
Je ris mais chu pas mieux. En rentrant, je sais pas ce qui m'a pris, j'ai fait un p'tit détour et j'me suis fait tatouer un trombone sur la joue. 

jeudi 25 avril 2013

What's up les filles?

Savia, est-ce que pour 20$ je peux acheter ton âme?

Ma première réaction fût de répondre oui. Je me disais que tu pouvais pas acheter une âme comme ça pis que j'allais me faire 20$ facile, mais après je me suis mis à douter. D'un coup que c'est vrai. D'un coup qu'on peut vendre son âme comme ça, sur une gosse. D'un coup que je perds le précieux sens à ma vie, qui est de faire fuck all rien rien pantoute.

J'ai fait une contre-offre. Je te vends mon humour légendaire pour 20$! 20$, c'est un bon prix vu que j'ai un humour légendaire.

Elle a refusé. J'ai tout de suite pensé aux horcruxes.

***

Je connais des gens qui possèdent le skill de se rappeler de chacun des détails de chaque fin de soirée. C'est fou ça.

- « L'autre fois, t'avais des kleenex dans la bouche pis t'imitais l'accent italien-québécois de la Petite-Italie en parlant de ventilation. » Ah ouin? De ventilation?

- « L'autre fois, tu faisais une parade de mode avec un soin remarquable et tu t'ajoutais un point après chaque parade. » Ah ouin? Un point à chaque parade?

- « L'autre fois, t'as foncé dans une de mes cousines» Ah ouin? Une de tes cousines?

***

J'ai poussé mon enquête sur le décès de Sylvie dans la toilette à ma job: et bien imaginez vous qu'il y aurait eu pas un mais deux OD ce soir là dans la toilette des filles.

Sylvie n'était pas seule. Voici l'histoire:

Sylvie et Chantal sont sur la débauche. Chantal possède de la coke et Sylvie de l'héroïne. Ils ont la bonne idée de mélanger les deux pour ensuite se l'injecter. Ils choisissent la toilette du fond, question de discrétion et s'injectent ce mélange qui s'avérera être mortel.

Donc voilà, Sylvie et Chantal font la paire dans le bar. Ça explique tous les mauvais coups qui nécessitent une assistance. Par exemple: la blague de taper sur l'épaule de quelqu'un et d'inverser les shooters pendant qu'il se retourne pour voir qui lui a tapé sur l'épaule.

Héhé. Sacré farceuses.

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Mon amie est venue chez moi hier avec son bébé. On est allés marcher sur Laurier. Il faisait beau. J'étais pas tout à fait réveillé, j'avais les cheveux tout croche et c'est moi qui avais le contrôle de la poussette.  Ça m'a pris un peu de temps avant de comprendre ce qui se passait.

WHAT'S UP LES FILLES?!?

C'est quoi l'affaire de me regarder comme ça? Les hormones féminines c'est quelque chose, laissez-moi vous dire. J'ai le vertige juste en y pensant. Comment les nouveaux pères font quand ils se promènent dans la rue? C'est probablement l'équivalent ou sinon pire qu'une fille qui se promène en jupe au printemps.

Les filles te regardent telles des louves affamées. Vite, fais-moi un enfant maintenant avant la première mousson!! Vite, prends-moi ici sur ce banc de parc et si nous sommes chanceux, ce bébé naîtra avant la fin de l'année. Vite, mon ovulutaion prendra fin dans la prochaine heure! Mais qu'est ce que tu fous?! Dépêche-toi, bordel de merde !!!!

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Y'a deux choses super importantes dans la vie : Connaître quelqu'un avec une voiture et connaître quelqu'un avec une imprimante.

vendredi 19 avril 2013

Avec Pierre et Benoit sur la passerelle.

Aujoud'hui, je fais fuck all rien pantoute et j'ai décidé de fouiller dans des vieux textes (dans le temps que j'avais pas de blogue). Je suis tombé sur ça. Je pense que ça date de 2011  :


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«Es-tu prêt?»

- « (…) le jeune doit se servir davantage de son gabarit le long des bandes pour éviter de se retrouver dans une position vulnérable (...) »

J'écoute le hockey. Je lève mes yeux, elle est là devant moi toute habillée, prête à partir. Elle me fixe. Je fais mine de ne pas l'avoir aperçue et je regarde la TV avec grand sérieux.

« (…) Ta défensive est ta meilleure défensive, Pierre (...) »

La tension monte d'un cran. Je ne peux faire semblant plus longtemps. Je prends un air agacé et je lève les yeux. «Quoi?» (je ne peux m'empêcher de faire un léger sourire en coin)

- « (…) le gardien doit faire les arrêts clé pour ne pas mettre l'équipe dans l'embarras (...) »

«On y va?», dit-elle, agacée. Je lève mes sourcils et fais de mon mieux pour exprimer non verbalement un mélange de j'ai rien fait et de je suis au courant de rien. «On va où?», demandais-je. Elle est exaspérée.

- « (...) Haha une analyse à juste titre Benoit. On profite pour saluer les gens d'Alma qui regardent la partie (…) »

En fait, je me rappelle vaguement qu'elle m'ait glissé un mot sur quelque chose en avant midi. Je ne me rappelle plus trop quoi, mais ça avait l'air important à cause du ton. J'étais occupé à je ne sais plus trop quoi et j'ai pas vraiment écouté.

- « (…) un tir qui manquait de précision (...) »

«On va au souper chez mon amie. Tsé mon amie que je te parlais». Ah oui, son amie.. l'amie que c'est la première fois que j'en entends parler. Je comprends pas les filles et leur weird façon d'entretenir leurs relations amicales. Ça me tente tellement pas. La fille pis son chum ont tellement l'air boring pis ça me tente pas d'aller chez du monde plate et de rire de leur joke plate.

- « (...) houla une pénalité qui risque de faire mal au Canadiens (…) »

Je pousse ma luck un peu et j'essaie de choker la sortie. Sans succès, j'avais promis. Je me rappelle juste pas avoir dit ça. J'ai dû dire «hmm» à un moment donné quand elle me parlait. Je suis fait comme un rat.


« (…) et de cet angle, on voit très bien que le coude touche au disque plus haut que la barre horizontale (…) »


J'éteins la TV. Heureusement, le hockey joue dans le taxi.


« (…) un tir qu'il aimerait revoir (…) »


Oups. Je m'aperçois que j'ai oublié de me changer, je porte encore mon t-shirt avec un gros ananas dessus. Je parie 100$ que je vais avoir droit à des commentaires dessus.

« (...) se sert de sa rapidité pour créer un revirement en zone neutre (…)

Je lui demande si c'est correct mon t-shirt. Elle me dit que oui. Je ne la crois pas. Je la soupçonne même de se servir de moi pour provoquer son amie. Je pense que jusqu'à une certaine limite, elle aime mon côté awkward. Je comprends rien au fille.
 

« (...) du brasse camarade, Pierre (…) »


Je regarde dehors et dans le rétroviseur je vois ma tronche et surtout, mes cheveux. Fuck mes cheveux! J'explose. « Merde, t'as vu mes cheveux?. J'ai l'air d'un fou ». Elle me dit que je suis correct. C'est faux. Je ne suis pas correct du tout. Que vont-ils penser de moi? Il vont penser que je m'en criss de leur souper.


« (…) de cet angle, on le voit clairement atteindre son menton (…) »


Je lui expose ma théorie. Elle me répond « C'est pas la vérité? Tu t'en criss du souper ». Oui, mais j'ai pas envie qu'EUX le sachent!!! Ma vie est gâchée, aussi bien mourir maintenant, me dis-je.

« (…) il est responsable de son bâton, Pierre (…) »

J'essaie de mettre le chauffeur de mon bord. Peut-être qu'à deux, on va changer le monde ou quelque chose. Sans succès. Il en a rien à foutre de mes problèmes. Elle met sa main sur ma main et m'embrasse. «On arrive. Calme toi. Ça va bien aller». Facile à dire, chose bine.


« (…) le jeu de la période est présenté par une bière qui se boit et qui descend bien (…) »

Je règle le chauffeur et me traine les pieds vers l'entrée comme un enfant à qui on aurait demandé de ranger sa chambre. Je fais mon plus beau sourire fake. J'ai chaud. Le copain de l'amie enchaine : «beau t-shirt man». «Merci», répondis-je en regardant par terre.

mardi 16 avril 2013

Du saucisson.

Des fois je fais fuck all rien pantoute et j'ai vraiment envie de manger un truc. Ça me trotte dans la tête toute la semaine. Par exemple: manger un saucisson gendarme d'une certaine boucherie. Le hic, c'est que la boucherie n'est pas particulièrement proche de chez nous et n'est que très rarement sur mon chemin.

L'envie du saucisson m'a pris d'un coup. J’étais assis dans ma cuisine en train de regarder le mur et, je ne saurais dire pourquoi, mais damn que j'avais envie de ce saucisson là. Je me suis levé d'un coup et j'ai commencé à faire les cents pas. Comment diantre vais-je faire pour aller m'en chercher un? Je ne vais quand même pas faire tout ce chemin là juste pour un saucisson. Ça me prend une bonne raison pour soulager ma conscience.

J'ai peut-être un ami qui habite tout près. C'est pas mon ami pref parce que je le trouve un peu fatiguant. Il va sûrement vouloir me retenir si je lui rends visite. Mais en même temps, maudit que j'ai envie de manger un gendarme!

Je l'appelle. Je lui explique que je vais passer faire un petit tour. Il est ravi et me dit qu'il va me présenter sa nouvelle copine.

Je m'habille, sors de chez moi et hop sur mon vélo. J'ai tellement hâte de manger mon saucisson. Quand j'arrive à un coin de rue de la boucherie, qui je croise pas? Mon ami et sa nouvelle copine. Fuck! Ils arrivent de l'épicerie et m'expliquent qu'ils veulent m'inviter à souper. Ils ne me laissent pas le choix et sur le chemin, on croise la boucherie. Je radote de quoi comme quoi j'ai envie d'aller m'acheter un saucisson. On m'arrête aussitôt m'expliquant que «c'est drôle», mais ils ont déjà acheté du saucisson à l'épicerie. La blonde de mon ami renchérit en disant qu'anyway «ça sent drôle» là dedans et puis rajoute qu'elle n'est «pas une fan de ce genre de bouffe là». Ce genre de bouffe là? Quel genre de bouffe là? Une boucherie? Pas une fan de bouffe qu'on peut se procurer dans une boucherie? Je la questionne poliment dans l'entrée: « Tu es végétarienne?». «Non», me répond-t-elle aussi sec, «c'est dégeu les trucs végés». Les trucs végés sont dégeu. Eh boy! Dans quoi je me suis encore embarqué.

J'insiste encore. Sans succès. Ils ont acheté du saucisson. Je m'en fous de leur saucisson, c'est celui là que je veux! En reprenant la route je pense à un autre plan. Je ralentis le pas tranquillement espérant qu'ils m'oublient. Ils parlent d'école anyway. Je m'en criss de l'école, je veux du saucisson. J'ai presque réussi à subtilement m'éclipser quand j'entends un «toi, Savia t'en penses quoi?», à dix pas en avant de moi. Nah, ça marchera pas. Ils sont trop attentifs pour m'oublier ces fatigants là.

Je renonce avec regret et tristesse à mon saucisson et nous poursuivons notre marche en direction de leur domicile. Je suis super de mauvaise foi et j'ai même pas besoin de parler davantage avec la fille pour savoir où était le problème avec la boucherie. Je vois le portrait d'ici:  elle vient de la région et n'est probablement jamais rentrée dans une boucherie, pas plus qu'une boulangerie, de sa vie. Elle vient juste d'arriver à Montréal pour étudier dans quelque chose de plate et n'a pour seule passion d'écouter la TV. Je suis sur qu'elle n'a jamais lu de livre. Je me demande comment ça se fait qu'on l'ait acceptée à l'Université. Comment peut-on accepter quelqu'un qui n'est jamais entré dans une boucherie? Je suis vraiment dans un mood de marde et je me dis avec fatalité à moi même qu'elle fait sûrement moins de fautes que moi quand elle écrit. En fait, je suis sûr qu'elle ne fait pas de faute. La vie est tellement mal faite.

Dans l'appartement, je m’aperçois rapidement que mon ami n'en mène plus très large. Des bibelots ornent les surfaces horizontales et des tableaux Ikea décorent les murs deux tons. Je m’assoie et regrette ma vie. Je pense au saucisson. Merde, mon plan a foiré et la boucherie est fermée à l'heure qu'il est. J'essaie de me consoler avec le repas gratis. «Qu'est ce qu'on mange?». «J'avais pensé qu'on pourrait manger du spag. Ça te va?». Je fais mine que oui. Du spag, j'espère qu'elle va pas foutre une tonne de sucre dans sa sauce.

Ma crainte s'est avérée fondée. Non seulement elle en rajoute une tonne, mais en plus elle appelle sa mère pour s'en assurer. Au point où j'en suis, les pâtes pourraient être trop cuites que je m'en foutrais. En mangeant, elle décide de me poser la question suprême : «Qu'est que t'aimes dans la vie?». Cette question là, c'est la pire question au monde. Spontanément, je réponds : «Rien». «Rien?». «Oui, rien. J'aime rien dans la vie, ok?». Comme si j'allais énumérer les choses que j'aime dans la vie et qu'on allait se mettre à danser autour de la table main dans la main. Je vais te dire ce que j'aime, j'aime le saucisson, ok? Le vrai saucisson, pas le salami cheap de l'épicerie que tu m'as servi, ok? Pour éviter d'envenimer la situation d'avantage, je garde cette pensée là pour moi et je m'en tiens au «rien» en boudant un peu.

Elle me juge. Comment peut-on ne rien aimer? On peut, fille. On peut. Je suis en train de le faire live! Mon ami, pour changer de sujet, commence à mentionner le fait que j'écrivais un peu. «Ah oui, aimerais-tu écrire un livre?». «Oui, dis-je, j'aimerais écrire un livre qu'on pourrait lire aux chiottes. J'avais pensé l'appeler : Fuck la vie de marde».

Bon là c'était plus fort que moi. J'ai atteint le fond et le malaise est fortement palpable. Je sens que le moment est bien choisi pour partir. En partant, je glisse sur le plancher et cogne lourdement mon épaule sur le cadre de porte. Je fais mine que ça me fait pas mal même si j'ai super mal.

mardi 9 avril 2013

Un «split shift».


En marchant avec le soleil dans les yeux, j'ai réalisé un truc; me semble que ça fait longtemps qu'on s'est pas vus le soleil et moi.

Moi : « Long time no see, vieux criss. What's up? T'as fait quoi cet hiver? »

Le soleil : « Ah not much, j'ai calqué mon horaire sur les caisses pop cet hiver, histoire de prendre ça off un peu. Toi, tu te lèves toujours aussi tard, fainéant? Faut pas te surprendre si on se voit jamais »

Moi : « On se calme! Je suis pas si fainéant que ça et puis c'est quoi l'idée de calquer ton horaire sur les caisses pop hein? Tout le monde est au bureau quand tu te pointes le bout du nez. Pourquoi t'essaies pas un nouvel horaire? Tu pourrais faire un «split shift» genre de 7h à 10h puis de 5h à 8h me semble tout le monde serait content. Non? »

Le soleil : « hihihoho un split shift! j'ai jamais entendu de quoi d'aussi niaiseux... »

Un nuage passe au même moment, pis je me dis fuck le soleil. Qu'il mange de la marde avec son horaire de marde. Aujourd'hui, j'ai un truc super important à faire. Bien plus important que de parler avec le soleil. Je suis en mission! Je m'en vais récupérer mon vélo.

Je l'ai laissé sur un poteau sur St-Denis avant hier et je suis pas super à l'aise avec le laisser là. Au printemps les gens virent fou avec les vélos. L'année dernière à la même période je me le suis fait vandaliser et l'année d'avant je m'en suis fait voler un. Ton vélo à beau être le plus cheap des cheaps, t'es pas en sécurité au printemps car le marché noir des vélos bat son plein. Par contre, une fois le mois de juin arrivé, tu peux souffler tranquille, t'es en sécurité.

Donc c'est ça, il ne serait plus là que je ne serais pas surpris. En marchant sur Mont-Royal, je croise un couple over the top parce qu'il fait beau. Ils ont l'air de deux épais avec leur sourire niais. Ils ont même mis des bermudas. Je me retourne pis je regarde le soleil: « Ça t'amuse de rendre les gens débiles? ». Il me fait un clin d'oeil et au même moment je marche dans une crotte de chien. Fuck this guy.

Fiou! Mon vélo est intact. J'ai eu quand même peur. Je l'enfourche et remonte en direction de chez nous. J'aime ça faire du vélo. Je m'ennuyais.

Moi : «Hey Jim, tu te couches à quelle heure ce soir?»

Le soleil «À 7h30 pourquoi?»

Moi : «Oh pour rien..»

Même si je veux pas le montrer, je suis quand même content qu'il fasse soleil.

vendredi 5 avril 2013

R.I.P. Sylvie.

Elle cherchait désespérément la sortie et dû se rabattre sur la toilette des filles. Spontanément, elle se dirigea vers la cabine du fond. Sylvie, vêtue d'une veste à épaulettes et d'une jupe assortie avec ses collants à filets, avait perdu la notion du temps depuis un bon moment déjà, quand elle se laissa choir non sans difficultés par terre, entre le mur et la toilette. Elle y passera les derniers moments de sa vie. Le mélange explosif de cocaïne, d'alcool et d’amphétamines lui aura pris sa vie.

Sylvie avait inconsciemment choisi le bar Le Dogue pour terminer ses jours à l'automne de 1993.

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La première fois que j'ai entendu cette histoire là c'est quand j'ai commencé à travailler dans ce même bar après la fermeture du Dogue, comme boss boy il y a presque 6 ans. Mon collègue boss-boy, plus âgé que moi,  m'avait pris sous son aile et m'avait expliqué avec détails cet évènement troublant. Il m'avait même décrit physiquement la fille en question. Je ne lui ai jamais demandé pourquoi il savait tous ces détails, mais c'était curieux car il ne travaillait pas plus que moi au Dogue à l'époque. Il m'avait expliqué qu'elle était encore là, encore perdue entre le monde des esprits et la réalité, toujours affalée dans la toilette du fond au premier étage.

J'ai pu confirmer l'histoire par deux fois. La première fois avec l'ancien gars de ménage. Un curieux personnage anciennement boxeur qui avait été le boss boy du Dogue pendant 15 ans. Il m'avait confirmé l'histoire d'un ton détaché un après-midi, m'expliquant que l'évènement s'était produit un an avant son embauche. Je confirmai plus tard une deuxième fois l'histoire avec une ancienne collègue qui, il y a pratiquement 10 ans, avait travaillé dans ce bar.

Bien que pas très friand des histoires de fantôme, j'ai jamais vraiment eu peur, même que je dirais que je l'aime bien Sylvie. Je pense que c'est réciproque. Je me suis souvent retrouvé seul dans l'endroit. Parfois dans le noir. J'ai jamais eu peur. J'éprouve plutôt une certaine affection pour elle. Je l'imagine comme ça, errant, riant de mes jokes, prenant de mon côté quand je me dispute avec un client, faisant des mauvais coups sans malice. Elle aime bien les potins. Elle adore les débuts et les fins de chiffres pour cette raison. Elle aime bien se tenir prêt des employés en standby, pour écouter les conversations. Je la soupçonne de préférer les garçons en général. Je penses que Sylvie était une très jolie fille.

Bref, j'aime bien Sylvie.

jeudi 4 avril 2013

Le capharnaüm fusionnel est encore à créer.

Mon père c'est un gars travaillant. Mon frère aussi. Moi je fais fuck all rien pantoute.

Mon père a dormi chez moi cette semaine. Il devait rester une nuit mais finalement ce fut deux. Travaille oblige. Ils se sont levés les deux à 7h AM pour faire affaire avec «des marcels» pour reprendre l'expression de mon frère et mon père.

Dans ma famille il y a un business : Les Bacs de récupération d'huile. Invention et compagnie fondée par mon grand père et tranquillement reprise par mon père. Une partie du job consiste à dealer avec «les marcels» de ce monde. Mon grand-père est d'ailleurs devenu maître dans l'art de reprendre les expressions de gars de shop. Il s'y atèle, sourire en coin, avec un précision déconcertante.

Bref, moi mon rôle dans tous ça c'est le bed & breakfast (expresso à volonté) et responsable du divertissement de fin de journée. Pendant qu'ils travaillent comme des bons, moi je dors. Quand je me lève, je fait la vaisselle de la veille,  je range les bières vides et prépare le set-up de soirée. Je prépare la musique avec minutie histoire d'en mettre plein la vue. S'en suit la classique compétition de «name dropping» de band de musique des années 80 avec mon père. Une compétition que je gagne à cause de ma préparation stallonienne et quand mon père marque un point, je me bloque, refusant catégoriquement d'entendre le band en question. Mon père me reprochera mon manque d'ouverture ce qui n'est pas faux car ma philosophie est que si je ne connais pas c'est forcement et invariablement mauvais.

La deuxième soirée, je ne pouvais malheureusement être présent la totalité de la soirée car mon hebdomadaire soirée quiz au Baptiste sur Masson avait lieu. Je leur est conseillé d'aller manger de la soupe tonkinoise près de chez nous et je suis parti.

Quelle ne fût pas ma surprise le lendemain matin de trouver sur la table de la cuisine une lettre écrit par mon père à l'intention de mon blogue. Sept remarquables pages détaillées que voici :

«Salut Savia,

Pour ton blogue.

Ce soir, malgré le froid intense, nous sommes allés à pied jusqu'au restaurant de soupe tonkinoise qui étais malheureusement fermé. Alors sur les conseils de ton frère, nous avons fait marche arrière et marchés sur Rosemont vers l'est (au pire on se commandera un truc chez toi). Soudain, nous avons vu la pancarte qui semblait s’effondrer du «restaurant» Capri et nous avons prit la décision d'y aller en pensant à ta fameuse chronique dans ton blogue.

Nous hésitions à savoir comment interpeller la serveuse personnellement car nous ne nous rappelions plus du prénom mentionné dans ton blogue. Étais-ce Johanne, Manon, Nathalie ou Nancy? Nous avons opté pour Nancy.

À l'intérieur, nous avons été subjugué par l'ambiance hyper décontracté. Tous les employés semblaient être assis séparément, chacun sur une banquette du restaurant. Nous avons brièvement lu le menu sur le comptoir avant de nous diriger vers une table avec un jukebox perso. Après voir pris un moment pour réfléchir, nous nous sommes mis à douter de la fraîcheur des repas (Est-ce que l'huile est chaude et si oui, depuis combien de temps?). Nous avons penché pour la valeur sûre; la poutine. Au poulet pour ton frère et au smoked meet pour moi.

En commandant nous avons réalisé que la serveuse semblait âgée pour s'appeler Nancy (Diane lui aurait mieux sied) et nous avons inséré de l'argent dans le jukebox pour Come Together des Beatles. Quel volupté ce fût, nous nous sentions en caleçon long. Je me questionnais alors sur le type de cassettes que le jukebox utilisait; 4-track? 8-track? Vhs? Nous avions l'impression d'entendre le rouli de la cassette...

La serveuse arriva avec les deux poutines. Elle déposa celle de ton frère sur la table et continua avec l'autre vers un espèce de kiosque ou se tenait ce qui m'apparaissait vraisemblablement être «le maître du smoked meet». L'homme, le seul, celui qui a le pouvoir ultime de mesurer la quantité de plaisir. Derrière sa verrière de plexiglas, aveugle et clairvoyant à la fois, il nous lança un bref regard.

Je pris une bouchée dans ma pyramide de Khéops rouge, rouge fumé et incroyable mais vrai; les frites étaient croustillantes.

En mangeant, j'observais les autres clients qui, avec leurs écouteurs, regardait la partie de hockey sur l'écran géant. Tel des ascètes, ils lisaient le journal de Montréal en même temps et semblaient avoir été formés par «le maître». Qu'elle était cette partie non annoncée? Comment se fait-il que nous n'étions aucunement au courant de cette rencontre? Le Canada marque un but, et je réalise que les joueurs ont les cheveux longs. Bizarre.

C'est alors que le capuchon du vinaigre se dévissa tout seul quand ton frère voulu mettre du vinaigre dans sa poutine. L’entièreté de la bouteille se répendit dans sa poutine.

Les effluves de vinaigre eurent un drôle d'effet sur moi et c'est à ce moment que je pris conscience que le match de hockey fut en fait un match de hockey féminin. Ah je vooooois!

Ton frère eut la bonne idée de mettre un morceau de Jimmy Hendrix dans le jukebox mais à notre surprise ce fût une pièce d'Éric Clapton qui joua à la place. Est-ce un complot? La cassette est-elle en difficulté? Je compris plus tard que la démocratie n’existe pas réellement au Capri. Personne ne peut écouter indépendamment ce qu'il veut. Le fantasme de rentrer dans un restaurant ou chacun écoute son jukebox à son aise n'existe pas encore. Savia, le capharnaüm fusionnel est encore à créer!

Quand il fût le temps de payer, j'ai demandé timidement à la serveuse si les jukebox fonctionnaient. Imagine-toi qu'ils datent de 1967 (l'année de ma naissance!!) et qu'ils fonctionnent avec des vinyles grâce à une centrale située au sous-sol. Wow! »